La lettre Dilecti amici
Le pape Jean-Paul II a écrit en 1985, une lettre aux jeunes trop peu connue. Lisez-là, méditez-là. Elle est disponible ici sur le site du Vatican.
Ci dessous, en voici un extrait.
L’Apôtre écrit que vous, les jeunes, vous êtes forts du message divin: du message qu’exprime l’Evangile du Christ et qui se résume dans la prière du «Notre Père». Oui, vous êtes forts de cet enseignement divin, vous êtes forts de cette prière. Vous êtes forts, parce que cette prière met en vous l’amour, la bienveillance, le respect de l’homme, de sa vie, de sa dignité, de sa conscience, de ses convictions et de ses droits. Si «vous connaissez le Père», vous êtes forts de la puissance même de la fraternité humaine.
Vous êtes forts aussi pour le combat, non pour le combat contre l’homme, au nom de quelque idéologie ou pratique coupée des racines mêmes de l’Evangile, – mais forts pour le combat contre le mal, contre le vrai mal, contre tout ce qui offense Dieu, contre toute injustice et toute exploitation, contre toute fausseté et tout mensonge, contre tout ce qui blesse et humilie, contre tout ce qui profane la vie en commun et les rapports humains, contre tout crime qui porte atteinte à la vie, contre tout péché.
L’Apôtre écrit: «Vous avez vaincu le Mauvais»! C’est vrai. Il faut toujours remonter aux racines du mal et du péché dans l’histoire de l’humanité et de l’univers, comme le Christ est remonté à ces mêmes racines par le mystère pascal de sa Croix et de sa Résurrection. Il ne faut pas avoir peur d’appeler par son nom le premier artisan du mal: le Mauvais. La tactique qu’il a appliquée et qu’il applique consiste à ne pas se révéler, afin que le mal, répandu par lui depuis les origines, se développe par l’action de l’homme lui-même, par les systèmes et par les relations entre les hommes, entre les classes et entre les nations ... pour qu’il devienne toujours plus le péché «structurel» et pour qu’on puisse d’autant moins l’identifier comme le «péché personnel». Donc pour que l’homme se sente en un sens «libéré» du péché, et qu’il soit en même temps toujours plus plongé dans ce péché.
L’Apôtre dit: «Jeunes gens, vous êtes forts»: il faut seulement que «la Parole de Dieu demeure en vous». Vous êtes donc forts, et vous pouvez ainsi rejoindre les mécanismes cachés du mal et ses racines, et ainsi vous réussirez progressivement à changer le monde, à le transformer, à le rendre plus humain, plus fraternel – et en même temps, à en faire davantage le monde de Dieu. En effet, on ne peut couper le monde de Dieu ni l’opposer à Dieu dans le cœur de l’homme. Et on ne peut pas couper l’homme de Dieu ni l’opposer à Dieu. Cela serait contre la nature du monde et contre la nature de l’homme – contre la vérité elle-même qui constitue toute la réalité! En vérité le cœur de l’homme est inquiet, jusqu’à ce qu’il se repose en Dieu. Cette parole du grand Augustin ne perdra jamais son actualité.







